Traverser les périodes troubles II – Mais pourquoi ?

Publié par le 28 novembre 2015 | 0 commentaires

Traverser les périodes troubles II – Mais pourquoi ?
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Mais pourquoi ?

 

« Mais pourquoi se donner autant de troubles », pourront se demander certains ? Tout simplement parce que les difficultés font partie de la vie, elles sont un dynamisme (une énergie) qui est la vie elle-même. Tenter de se soustraire aux problèmes que nous rencontrons et que nous savons si bien fabriquer, génère une correspondance malheureuse ; un mal de vivre qui peut aller jusqu’à l’insoutenable. La santé physique, mentale et relationnelle en est affectée ainsi que le développement psychospirituel.

 

Le titre de cette série et de l’atelier, Traverser les périodes troubles dans la vie, précise bien l’objectif de traverser et vaincre les épreuves, et non les éviter et encore moins les éliminer.

Une victoire

Ce n’est pas facile de traverser les épreuves, mais le simple fait de se mettre en marche, d’oser dépasser les forces d’inertie, est déjà une victoire sur le chaos.

Lors de notre dernière rencontre, les participants du groupe de soutien à la méditation pleine conscience ont abordés le thème important des passages que nous avons à réaliser dans notre existence. Il a été question de la retraite avec l’inconnu qui s’annonce pour les années à venir et la crainte de la solitude forcée, ainsi que la nécessité de se redéfinir autrement que par le travail.

Les échanges ont porté également sur l’angoisse que suscite la perspective de sa fin de vie lorsque l’on éprouve dans son corps la pesanteur des années.

La question était la suivante : peut-on se préparer à ces changements (qualifiés de troubles par quelques-uns) ? Est-il possible de TOUT régler avant de mourir ? La réponse étant : évidemment non ! Car il restera toujours des projets à poursuivre et la grande énigme du mystère de la vie. Mais nous pouvons faire en sorte de nous préparer à ce passage.

Faire face

 

Si nous désirons parvenir à vivre vraiment la paix en profondeur de manière stable, avancer avec sérénité avec notre histoire personnelle, il faut parvenir à assumer notre vie et être conscient de la profondeur de la vie et des traces que nous laissons.

C’est l’immense tâche du faire face. Ce travail consiste à corriger ce qui doit l’être, à protéger ce qui est vulnérable et honorer la vie que nous sommes. Renouer avec soi de manière authentique est une rencontre intime avec notre Essence qui est la Joie pure.

C’est d’ailleurs ce travail que nous accomplissons lorsque nous méditons. S’arrêter un moment, en silence et immobile, avec discipline et conscience, renoncer à l’attrait de la vie psychique de surface pour entrer en profondeur. C’est accepter de mourir à ce que la psychologie populaire appelle l’Égo. Méditer, c’est participer dans une attention aimante à l’instant unique qui passe, maintenant. La méditation nous prépare à l’ultime et haute tâche du passage au monde qui vient.

 

Prendre le thé, une attitude contemplative

 

Mais la discipline de la méditation doit être accompagnée de l’attitude contemplative. La méditation en continu. Je crois que c’est à atteindre cet état que nous entraînait un professeur plein de sagesse lors de ma formation en soins palliatifs. Elle nous invitait à prendre le thé. Prendre le thé, disait-elle, s’est arrêté le temps qui file, rêver et laisser partir l’esprit au fil des souvenirs et de l’imagination. Attendre qu’il revienne tout heureux de rentrer à la maison. Prendre le thé, c’est savourer le temps qui est.

Pour aller plus loin sur ce sujet, lire l’article suivant : La mort, le voyage intérieur.

La traversée des périodes troubles nous conduit à une liberté de plus en plus grande.

 

Cependant, on ne doit pas sous-estimer le courage et la détermination nécessaires pour affronter les véritables problèmes et atteindre notre Essence véritable. De nombreuses légendes parlent de quêtes, de chevaliers et de dragons qu’il faut vaincre pour libérer la bien-aimée. Ces héros sont toujours vivants en nous, ils ont en commun d’assumer la responsabilité de leur vie et d’aller au bout de leur projet.

Sur ce chemin, l’inquiétude et l’amertume sont de mauvais compagnons de route. La première est une voleuse de joie et la seconde s’emploie à assombrir l’horizon prometteur pour ne faire voir que les ombres du passé.

Scott Peck affirmait au sujet de cette traversée :

« … Si votre but est d’éviter la douleur et d’échapper à la souffrance, je ne vous conseille pas de chercher à vous élever dans la conscience et à évoluer spirituellement. Tout d’abord, vous ne pouvez le faire sans souffrir, et ensuite, même si vous y parvenez, vous serez appelés à servir les autres de manière beaucoup plus douloureuse pour vous, ou beaucoup plus exigeante de vous que vous ne pouvez l’imaginer. Pourquoi donc évoluer? allez-vous demander. Si vous posez cette question, c’est probablement parce que vous ne savez pas grand-chose de la joie. »

Scott Peck. Le chemin le moins fréquenté, p.83.

 

Ah. J’allais oublier. Prendriez-vous une tasse de thé ?  

À bientôt. Lionel Sansoucy

L’article suivant est : L’évitement

Lecture complémentaire suggérée : Martin, Gray. Le livre de la Vie, Paris, Édition J’ai lu, 1999

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