Apprendre à méditer VII – Les pièges

Publié par le 2 juin 2015 | 0 commentaires

Apprendre à méditer VII – Les pièges
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Certains pièges guettent également le méditant et la méditante. À l’instar des obstacles, être en mesure d’en reconnaître quelques-uns permet d’éviter le piège de l’oiseleur, comme il est conseillé dans Proverbe 6, 5. Voici les principaux pièges qui se présentent sur le chemin de la méditation :

Se comparer et s’évaluer

La tendance à vouloir évaluer ses périodes de méditation, ou encore à se comparer aux autres est l’un des pièges fréquemment rencontrés. On cherche l’assurance dans son cheminement et, bien souvent, on reproduit une attitude généralisée dans sa vie courante.

Dites-vous que le chemin, tout en étant universel, est également unique à chacun et à chacune. La progression n’est pas linéaire et les « retours en arrière » sont non seulement inévitables, mais nécessaires pour assurer le prochain pas. Revisiter d’anciennes blessures permet la restauration de celles-ci, sinon leur guérison. Cependant, à l’encontre de la psychologie moderne, la méditation ne vise pas l’introspection, qui est fort valable en d’autres temps et d’autres lieux.

 

J’ai réussi !

Croire que je suis arrivé. Enfin ça y est ! J’ai réussi, je me suis réalisé. Illusion, diront les maîtres zen et chrétiens! Cela n’est qu’une pensée venant de ton moi. Continue ton chemin! Pas d’arrêt, ni de point d’arrivée, le chemin seul !

 

La méditation, c’est inutile

Être dupé par la pensée que la méditation ne donne rien parce que rien ne se passe est un autre piège. Obéir à son émotion du moment (revoir La recherche de la facilité plus haut) — « ça ne me tente pas de méditer alors je ne médite pas » — est le meilleur moyen de rater son projet. L’humeur est un très mauvais guide. C’est justement dans ces moments cruciaux que le travail se fait.

On ne médite pas non plus pour que quelque chose se passe (revoir le thème de la pensée magique à l’article antérieur : Apprendre à méditer VI – Les obstacles), mais redisons-le : on médite pour être présent et présente à ce qui est.

 

Touriste ou pèlerin ?

Sur le chemin du salut, autrement dit le chemin de la réalisation de soi, deux positions sont possibles. L’une s’apparente à l’attitude et aux comportements du touriste. Celui-ci passe, achète un bibelot local (ou supposé l’être), regarde et jauge du haut de sa culture l’autre qui vaque à ses occupations simples et rentre chez lui en apportant quelques photos qu’il mettra sur son étagère avec le bibelot. Il est passé, point.

L’autre position est celle du pèlerin (et ne soyons pas dupe : des touristes se promènent sur les chemins déguisés en pèlerins). Le pèlerin, donc, marche sur les sentiers peu pratiqués, s’aventure dans des pays lointains, apprend la langue et les coutumes de ceux-ci et goûte les mets locaux. Sa vie est précaire, son seul désir est d’apprendre et de se transformer dans la rencontre avec l’autre.

L’enjeu est de taille; c’est même l’enjeu vital. Il appartient à chacun de se situer, de s’engager ou non et de vaincre les obstacles qui se présentent sur sa route, ne sachant pas jusqu’où celle-ci le conduira. Touriste ou pèlerin ?

 

Ouverture et retrait — action et contemplation — agir et non-agir

Ces termes définissent bien les deux pôles opposés que rencontre le débutant ou la débutante. Selon sa personnalité et sa tendance, soit l’agir restera un défi, soit le non-agir sera une montagne à vaincre.

La pratique invite à dépasser cette apparente contradiction. Le silence et l’immobilité, la prière ou la simple présence à ce qui est abreuvent les racines de l’action et lui donne une substance nouvelle au contact de l’être essentiel. La direction de l’action sera animée et ajustée aux valeurs profondes de l’altruisme et de la compassion, au don et à la justice. Il s’agit de tolérer l’inconfort de cette division pour apprendre à les harmoniser.

 

Trop lire sur le sujet et ne pas pratiquer

Avec la popularité grandissante de la méditation, nombres de livres sur ce sujet inondent le marché. Il est tentant de lire quantité d’ouvrages, au risque de se noyer dans ce festival de couleurs et d’exotisme. Votre pratique régulière et fidèle demeure votre meilleur guide et elle sert le discernement.

 

Note importante

Ne vous découragez pas! Le prochain article traite des facilitateurs dans la méditation et d’autres articles aborderont de manières diverses les fruits de la méditation. Le fait de porter attention aux obstacles et aux pièges dans la pratique méditative est déjà un bienfait pour l’ensemble de votre vie. 

Exercice suggéré :

Vous avez déjà tracé les trois colonnes sur une feuille de papier ou votre cahier de notes avec les entêtes suivants : les obstacles – les pièges – les facilitateurs. Maintenant, écrivez vos observations dans la colonne Pièges. Cet exercice sous-entend que vous avez lu l’article intitulé Les obstacles dans la pratique de la méditation.

Attention! Il s’agit de discerner ce qui m’aide ou pas pour être en mesure de mieux diriger mon action, et non de juger ou d’évaluer ma performance… Ahimsa. Soyez bon envers vous-même!

 

Poursuivre votre lecture avec : Apprendre à méditer VIII – Les facilitateurs
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