Apprendre à méditer VI – Les obstacles

Publié par le 1 juin 2015 | 0 commentaires

Apprendre à méditer VI – Les obstacles
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Connaître les principaux obstacles et les différents pièges qui se présentent dans la pratique de la méditation permet d’accomplir le geste juste pour garder le cap.

Les difficultés sont en soi une expérience que les méditants et les méditantes rencontreront un jour sur leur route. Mais soyez rassuré, vos difficultés ne sont pas uniques sur ce chemin. Elles sont le chemin. Voyez par vous-même.

— La peur, qui est une émotion primaire chez l’être humain, se manifeste dans l’exercice méditatif par la crainte de rencontrer l’inconnu en soi.

— La rencontre d’émotions difficiles à vivre est inévitable dans la pratique. Cette expérience constitue d’ailleurs un prétexte d’abandon pour certains. La honte ainsi que la culpabilité déjà présentes refont surface librement. La peine et la colère enfouies surgissent et représentent aussi des sources de malaises. On entend souvent des méditants dire : Comment se fait-il que je médite pour avoir la paix et me sentir bien alors que c’est le contraire qui m’arrive. Je ressens plus de colère, j’ai des périodes de peine que je ne peux empêcher…?

Notez que l’on ne médite pas pour avoir un bienfait ni non plus pour se sentir bien, mais pour être. Le fait de demeurer en silence et immobile, d’éliminer tout divertissement extérieur permet à nos pensées et à nos émotions tenues à l’écart tant bien que mal par notre agitation de se manifester. Le trop-plein se déverse. Contrairement à la tendance de vouloir contrôler, laissez aller, ne retenez pas! La méditation est un chemin de simplicité et de pauvreté. Vous devenez plus pauvre de vos émotions difficiles et vous faites de la place pour une expérience différente.

Méditer signifie — dans les débuts du moins — affronter tout ce qui a été refoulé et nié. La méditation est un chemin de vérité et non pas une fuite vers un royaume magique du bien-être… Ce qui ne veut pas dire que, dans un jour pas très lointain, le bien-être ne sera pas transformé en un être-bien…. Confiance !

— L’ennui. J’ai mis l’ennui à part. Ce thème demande une large plage de développement. Disons pour le moment que ce sentiment peint de couleur grisâtre a un aspect positif. Il est annonciateur d’un désir non réalisé. Le sentiment d’ennui est une invitation à aller plus loin, à s’aventurer, à regarder de près nos murailles et nos fenêtres fermées sur la vie. Ah oui! J’oubliais de dire que l’ennui est la voisine de la colère. Ce sentiment n’est pas facile à vivre: on se divertit pour éviter de le rencontrer. Cependant, c’est le signe d’un désir de relation authentique. Nous y reviendrons dans un article subséquent.

—  Les habitudes ancrées. Il n’est pas facile de se défaire d’habitudes, et en instaurer de nouvelles, comme la méditation par exemple entre facilement en conflit avec celles existantes. Un exemple parmi plusieurs autres : porter continuellement des jugements sévères sur soi et les autres. Cette habitude s’oppose à l’attitude d’ouverture et d’acceptation engendrée par la méditation.

— La recherche de la facilité. Une autre attitude courante se présente par ce type de questionnement : Est-ce que ça va prendre du temps avant que je voie les bénéfices de la méditation ? Est-ce que je peux méditer autrement qu’en restant assis-e à ne rien faire ? Est-ce que je peux ne méditer qu’une seule fois par jour… et le faire couché ?

Les tenants de la facilité qui adoptent la méditation pour fuir les réalités difficiles de la vie seront déçus. Ce que nous rencontrons surtout dans les premières étapes de la pratique est principalement ce qui blesse et fait mal. Souvenez-vous des mots de K.G. Dürckheim: La méditation… (nous) apprend à supporter les soucis et les peines d’une façon juste, c’est-à-dire féconde.

— La pensée magique comme obstacle vient avec la facilité. Les tenants de cette forme de pensée entretiennent la croyance que  si je pense à tel sujet, l’événement surviendra. Une autre croyance erronée est que : La vie est facile… Si je pense correctement, tout ira bien… C’est la faute de la personne si tel événement désagréable survient. Bref, c’est la croyance en la toute-puissance de la pensée humaine assaisonnée d’une compréhension erronée de la loi de l’attraction. Cette croyance, comme bien d’autres, vient se briser sur les récifs de l’expérience de la méditation.

— Lenvironnement. Notre environnement joue un rôle important. Méditer demande de la détermination pour parvenir à ajuster nos conditions de vie à la pratique. Au début, c’est le contraire qui se produit: on ajuste tant bien que mal la pratique à notre environnement. C’est la période plus ou moins longue des Si : Si je peux libérer du temps pour méditer. Si le téléphone ne sonne pas… Si…Si…Si…

Viendra le jour où une décision sera prise avec fermeté. Je ne serai plus l’esclave des événements et je décide de donner la priorité à être présent-e dans la traversée de mon quotidien (notez l’affirmation au temps présent : “je décide…”).

— Passer du on au je. La méditation est aussi l’affirmation de soi. Être présent-e implique un Je. La méditation véritable — j’entends par là la méditation qui ne se limite pas à l’aspect confort dans la vie mais qui est une pratique de la recherche de la vérité et de l’authenticité, — exige l’affirmation d’un je au cœur du chaos intérieur et extérieur.

— Choisir ses relations. La qualité des relations est un sujet épineux qui revient périodiquement comme obstacle à la pratique. La question est la suivante : Quelles sont les relations qui m’éloignent de mon projet de méditer et lesquelles me soutiennent et me font grandir vraiment ?

Un obstacle plus important encore est la fermeture à la réalité de l’Être essentiel. La négation des forces spirituelles en l’homme — et la femme — fait que la personne nie une partie vitale de son être et ainsi appauvrit sa vie en la privant de sa source créatrice.

— Des difficultés d’adaptation psychosociales comme l’égocentrisme et le narcissisme, qui conduisent à la recherche de la performance et du paraître, sont des obstacles importants dont l’élimination demande de la persévérance. Les personnes qui en souffrent sont en grande détresse (et sont la cause de souffrance dans leur environnement) et elles ont de la difficulté à affronter leurs limites dans l’expérience de la rencontre authentique avec soi. Dans la pratique de la méditation, la prise de conscience de soi est un maître d’enseignement de l’humilité, ce qui leur est insupportable. Consentir à se dévoiler, comme accepter d’être accompagné pour traverser ces périodes difficiles, constitue une épreuve terrible pour l’Égo. 

Exercice suggéré :

Tracez trois colonnes sur une feuille de papier ou dans votre cahier de notes avec les entêtes suivants : Les obstacles — les pièges — les facilitateurs. Ensuite, écrivez vos observations dans la colonne obstacles. (Cet exercice se prolonge par les deux articles complémentaires intitulés : Les pièges dans la pratique de la méditation et Les facilitateurs dans la pratique de la méditation.)

Attention! Il s’agit de discerner ce qui m’aide ou ne m’aide pas afin d’être en mesure de mieux diriger mon action, et non de juger ou d’évaluer ma performance… Ahimsa. Soyez bon envers vous-même.

Lectures suggérées en complément :
 Les pièges dans la pratique de la méditation
Les facilitateurs dans la pratique de la méditation

 

Poursuivre avec : Apprendre à méditer VII – Les pièges
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