La Paix de Dieu

Publié par le 5 juin 2015 | 0 commentaires

La Paix de Dieu
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Beaucoup de personnes recherchent la paix, et c’est heureux.

Une paix qui est l’absence de conflits, qui est le repos qui vient avec la confiance que nous sommes en sécurité sur les plans matériel, relationnel et politique. Mais la véritable paix est plus que cela.

Les personnes croyantes recherchent aussi cette paix et elles y travaillent comme citoyens du monde… ou du moins le devraient. Elles en font même un souhait en ajoutant un simple mot qui a la dimension de l’infini. Que la Paix de Dieu soit avec vous ! Allez en Paix ! Que son âme soit en Paix, Shalom…

À la fin du Xe siècle, la Paix de Dieu était qualifiée et codifiée publiquement de paix générale et prononcée par les gens armés de factions adverses. L’équivalent d’un cessez-le-feu moderne. Le but de ce serment visait surtout à limiter la violence et les exacerbations venant des guerres privées entre les nobles.

Pour le méditant, atteindre rapidement un état de bien-être, de paix et même d’euphorie est un piège bien réel qui vient freiner sa progression dans la prière silencieuse. Jean Casien nommait cette paix la pax perniciosa, la paix pernicieuse. Perniciosa signifie littéralement destructrice et fatale (John, Main. Un mot dans le silence, un mot pour méditer, Montréal, Éd. Le Jour, 1995, p. 78).

Dans une de ses lettres, le père Laurence Freeman souligne que la vraie paix n’est pas un état négatif – l’absence de conflit – mais un signe de complétude..Pour lire l’article au complet. (Bulletin méditatio, 3° trimestre, 2014.)

Mais que veut dire exactement avoir la Paix de Dieu? Comment en faire l’expérience ? Comment la différencier de l’autre type de paix ?

Le père John Main nous apporte une réponse unique et concrète à ces questions.

Voici ce qu’il nous dit :

… Le calme de la concentration méditative n’a rien à voir avec l’immobilité passive. La méditation est un état de complète ouverture; un état d’éveil total et attentif à la merveille de notre être ainsi qu’à celle de Dieu, lui qui crée l’être et le maintient dans l’existence; une prise de conscience absolue que nous faisons un avec Dieu…

et il précise comment parvenir à la Paix de Dieu :

… Prenez le temps de détendre vos muscles. Mettez votre esprit au diapason de votre corps. Les dispositions intérieures dans lesquelles il faut être sont un esprit calme et un cœur paisible; là réside tout le défi de la méditation. Il est assez facile de rester assis et immobile — et il importe de le faire, mais le vrai travail de la méditation consiste à atteindre l’harmonie du corps, de la pensée et de l’esprit. C’est ce que nous invoquons lorsque nous parlons de la paix de Dieu, une paix qui dépasse tout entendement. (John Main. Un mot dans le silence…, p. 23)

Cette Paix divine n’a rien à voir avec les édifications humaines. Elle est déjà là; il s’agit de nous rendre disponible à cette grâce. Par l’immobilité et le silence, permettre au corps, à la pensée et à l’esprit d’être au diapason. Cependant, cela ne peut se faire automatiquement. Il s’agit de consentir à se tenir sous la lumière divine pendant les deux périodes de méditation quotidienne (John Main insiste là-dessus), d’accepter de dire notre mantra avec fidélité et de le laisser nous conduire vers une découverte inouïe, une découverte qui dépasse tout ce qu’il est possible humainement de rêver. Le mantra, confiait John Main, dans l’un de ses enseignements, intègre l’ensemble de nos dimensions et de nos divisions et nous conduit à la plénitude dans l’homme complet qu’est le Christ.

Le mantra nous guide en toute simplicité à l’expérience chrétienne originale de la prière, la prière de l’Esprit dans notre cœur. Les fruits de cette expérience sont ceux de l’Esprit, et il est vraisemblable que notre toute première découverte, celle qui ouvrira la voie aux dons de l’Esprit, nous fera prendre conscience que nous sommes infiniment dignes d’être aimés. Il est impossible de susciter ou d’anticiper cette expérience; nous ne pouvons qu’apprendre à demeurer immobiles, silencieux et attendre avec un sentiment toujours grandissant de notre propre harmonie. (Un mot dans le silence, un mot pour méditer, p. 60-61)

Ainsi, notre propre harmonie, c’est la Paix de Dieu, dont les fruits sont non seulement les dons de l’Esprit, mais avant tout la découverte que nous sommes infiniment dignes d’être aimés. Là réside la Paix de Dieu, qui coïncide avec la trinité humaine unifiée, c’est-à-dire la relation pacifiée de notre corps, de notre pensée et de notre esprit en harmonie avec l’être de Jésus-Christ. Ce qui fait de nous « une création entièrement nouvelle», selon saint Paul.

Que la Paix soit avec vous, maranatha! 

Si vous le voulez bien, prenons quelques moments de silence et rappelons-nous, ensemble, la prière de John Main… 

Texte de la rencontre du 21 mai 2015

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