Pourquoi méditons-nous ?

Publié par le 8 octobre 2015 | 1 commentaire

Pourquoi méditons-nous ?
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Bienvenue à cette première rencontre qui inaugure l’année 2015-2016 de la communauté de méditation chrétienne de Longueuil.

Vous êtes nombreux et je renouvelle mes mots d’accueil à chacun et à chacune. Notre période de relâche estivale s’est allongée jusqu’en octobre et il fait bon de se retrouver ensemble.

La question de ce soir est : pourquoi méditons-nous? Pour les personnes présentes pour la première fois et dont certaines viennent d’autres horizons et traditions que la méditation chrétienne ou qui s’intéressent à la méditation pour la première fois, la question est : pourquoi avons-nous le projet de pratiquer la méditation chrétienne?

Il peut y avoir autant de motifs à vouloir pratiquer la méditation qu’il y a de personnes ici ce soir. Et tous les motifs sont valables et importants.

L’enseignement de ce soir est inspiré de ma lecture du livre de Laurence Freeman La voie de la contemplation¹.

Un fait ! C’est l’Esprit saint qui devance notre action et qui a inspiré le désir de cette rencontre de prière. Que ce fait soit présent à notre esprit ou non, c’est l’Esprit saint qui nous a guidés personnellement jusqu’ici. C’est donc par obéissance, c’est-à-dire par l’écoute de ce qu’il y a de plus haut en nous et dans la vie humaine, que nous sommes réunis pour prier.

Quel que soit notre objectif de vouloir pratiquer la méditation, si nous regardons en profondeur nos motivations nous nous rendrons compte que c’est l’union que nous visons. Une plus grande et parfaite union avec la Réalité source de toute vie et toutes réalités. Et l’union c’est le signe agissant de l’unité en soi. Réunir ce qui est divisé est un geste de guérison et c’est justement ce que vise la pratique méditative. Dans la tradition chrétienne, la santé et le salut sont une seule et même chose qui se réalise par l’union avec la source divine en nous.

Mais qu’est-ce que méditer ? Méditer, c’est marcher, même assis sur une chaise ou assis en lotus, c’est être en marche. C’est avancer sur le chemin d’intériorité vers une plus grande connaissance de soi.

Pour plusieurs, demeurer immobile et en silence, après avoir usé leurs semelles sur de nombreuses pistes de réalités extérieures, signe le retour à la maison. Est-ce que c’est l’expérience vécue par certains d’entre-vous ?… Oui. Et bien, je suis soulagé de n’être pas le seul. Voici quelques vingt-ans déjà, j’étais venu entendre le Père Laurence Freeman à Montréal qui donnait une conférence sur la méditation chrétienne en anglais. En entendant ses paroles, une voix disait en moi Welcome Home Lionel et cette voix était accompagnée d’un soulagement d’une grande douceur d’être enfin arrivé chez moi. Depuis ce moment mémorable, ce sentiment m’habite toujours et je vous souhaite une expérience semblable.

Mais revenons sur l’image du chemin souvent utilisé lorsqu’il est question de méditation. L’image du chemin est constamment reprise par l’ensemble des grandes traditions contemplatives, tant orientales qu’occidentales. Comme tout voyage à entreprendre, nous partons souvent bien équipés et avec de bonnes intentions. Mais, au fil de notre marche divers obstacles se présentent qui n’ont pour visées que nous décourager à persévérer en offrant en prime des excuses de toutes sortes. Vous êtes sûrement en mesure d’en nommer quelques-unes des plus populaires : je n’ai pas le temps; c’est monotone; j’ai trop d’occupations, je méditerai à ma retraite quand je serai moins occupé.

Mais je voudrais vous rassurer sur ce point. N’ayez aucun doute, les obstacles se manifesteront immanquablement sur votre chemin de croissance intérieure. Mais là n’est pas l’essentiel, heureusement. Les difficultés ne sont qu’accessoires et passagères. Elles font partie de notre nature humaine et reflètent notre structure psychique. Mais nous avons de l’aide.

Sur la route après sa Résurrection, le Christ ne nous a-t-il pas promis que l’Esprit saint sera en demeure avec nous pour toujours et qu’il nous conduira dans toute la vérité. (Jean 14, 16 et 16,7-13).

Un autre mot pour nommer l’Esprit saint est le Paraclet. En grec, Parakletos signifie « le consolateur qui se tient à nos côtés et nous réconforte dans les tribulations de la vie. C’est le défenseur, qui aide, accompagne et soigne celui ou celle qui peine à marcher, ou qui a le cœur brisé. C’est toujours le même Protecteur des apôtres des premiers jours, qui est près de nous et nous aide à persévérer. Qui nous aide sur le chemin de retour à soi. Un chez soi qui est aussi dans notre tradition, la demeure divine en nous.

La grandeur de la méditation chrétienne est que nous ne sommes pas seul !

Notre âme peut trembler d’effroi face au souffle glacé de la mort et, notre esprit, se réfugier en terre promise.

Dans une totale déréliction avec une solitude et un abandon incommunicables, Jésus disait à Gethsémané : mon âme est triste jusqu’à la mort (Mathieu 26,38), sans pour autant que son assise spirituelle, c’est-à-dire sa certitude d’union avec son Père en soit affaiblit. L’Esprit saint veillait, il était son refuge.

C’est l’une des raisons pour lesquelles j’aime rêver que notre communauté (comme d’autres communautés) est en quelque sorte un Parakletos où nous nous entraidons. En nous rassemblant pour méditer, nous formons un refuge qui offre un soutien et une présence aimante à chacun et chacune d’entre nous. La méditation, nous disent les Pères Laurence Freeman et John Main, crée une nouvelle façon d’être en relation où la hiérarchie, les fonctions et les rôles sociaux sont abolis. Nouveaux comme anciens sommes sur le seuil de la porte. On peut reconnaître si une pratique méditative est saine à ses fruits. Et l’un des fruits c’est qu’elle instaure une façon révolutionnaire d’être en relation avec soi et avec l’autre, plutôt que nous couper davantage des autres.

Nous prendrons le temps au cours des prochaines rencontres de revenir sur différents aspects de la prière-mantra suggérée par le Père John Main. Il propose le mot Maranatha qui signifie en araméen Viens Seigneur Jésus. Cette invocation clôt le Nouveau Testament. Cette prière se réalise dans notre rencontre avec les autres, dans l’accueil bienveillant de nos limites personnelles et de la différence que l’autre affiche. Notre capacité d’accueil de l’autre correspondant à la manière dont nous acceptons nos propres différences. C’est d’ailleurs le sens de la dédicace que nous offre le Père Laurence Freeman au sujet de la communauté de méditation chrétienne.

Cliquez sur les livres pour voir la : Prière de dédicace des communautés de Méditation chrétienne

Prière de dédicace

Parce que cette soirée inaugure notre première rencontre de l’année, permettez — si vous le voulez bien, avant de méditer, que nous écoutions cette prière qui s’adresse de manière intime à chacun et chacune de nous.

Amen.

Après la période de méditation, il y aura pour ceux et celles qui le désirent un retour sur notre soirée et quelques annonces.

Lionel Sansoucy, 6 octobre 2015

 

Lectures suggérées

¹  Laurence Freeman – La voie de la contemplation

Maranatha…

Pourquoi méditer aujourd’hui ?

 

Pour poursuivre votre réflexion rendez-vous à l’article : Pourquoi méditer aujourd’hui ?
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1 Commentaire

  1. Avatar

    Un simple mot pour dire que votre site est extra.
    La disposition est superbe, les textes intéressants.

    Félicitations, beau travail !

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